Prix 2013

2013PrixGueniffeyGRAND PRIX DE LA FONDATION NAPOLÉON

Patrice GUENIFFEY, Bonaparte, Paris, Gallimard
Parmi tous les ouvrages parus ou à paraître sur Napoléon Bonaparte, il en est qui, dès leur sortie, peuvent se targuer d’être déjà des incontournables. Tel est le cas du Bonaparte de Patrice Gueniffey.
Thiers, Bainville, Lefebvre, Tulard… Napoléon ne manque pas de biographes. On s’en étonnerait à tort. Les hommes qui ont laissé une empreinte aussi profonde sur leur temps sont-ils si nombreux? L’histoire de Napoléon, son souvenir, son mythe ont littéralement obsédé le XIXe siècle et une partie du XXe. Aujourd’hui, la légende a pâli, le monde a changé. L’épopée guerrière de l’Empire ne fait plus guère rêver nos contemporains, pour qui la guerre apparaît l’incarnation du Mal. Mais Napoléon n’a pas été seulement un conquérant. Stratège hors pair, il est aussi le plus doué des élèves de Machiavel dans l’art de gouverner. Plus que le guerrier, c’est le Premier consul qui, pour avoir fini la Révolution et fondé les institutions dont elle avait eu l’idée, fascine encore. À la fois héros ancien et bourgeois moderne, il occupe une place unique dans l’histoire universelle.
Ce premier volume, Bonaparte, retrace l’histoire du jeune Napoléon, de la Corse aux Tuileries, des années obscures de l’enfance jusqu’à la proclamation du Consulat à vie en 1802 où, sans encore porter le titre d’Empereur, il rétablit à son profit la monarchie héréditaire. S’il est dans la vie de chaque homme, comme dit Jorge Luis Borges, un moment où il sait « à jamais qui il est », ce livre s’attache à le déterminer pour comprendre comment Napoléon est devenu Napoléon.

 

2013PrixColsonLeipzigPRIX PREMIER EMPIRE

Bruno COLSON, Leipzig. La bataille des Nations, 16-19 octobre 1813, Paris, Perrin

Durant quatre jours, du 16 au 19 octobre 1813, plus de 500 000 hommes combattent autour de Leipzig, faisant de cette bataille la plus grande jamais livrée jusqu’alors. Géante par ses proportions, Leipzig l’est aussi par son enjeu puisque son issue va décider du sort du Grand Empire, édifié par Napoléon à coups de victoires depuis Austerlitz. Face aux 200 000 combattants de la Grande Armée, les Alliés russes, autrichiens, prussiens et suédois parviennent à mobiliser plus de 300 000 hommes et, à l’issue d’une première journée indécise, à infléchir le cours des événements en leur faveur. La défaite se transforme en déroute, condamnant les Français à refluer sur le Rhin.
Pour raconter cette « bataille des Nations », Bruno Colson a fait le choix d’enrichir la vision stratégique et tactique par un récit au plus près des combattants, tant alliés que français. Il nous fait plonger directement dans l’enfer des affrontements, racontés heure par heure, avec des détails rarement donnés, puisés à des sources inédites ou méconnues. Par sa durée et son étendue, Leipzig offre une grande variété de types de combat et permet de mieux comprendre ce qui se passait vraiment dans une bataille napoléonienne. En découle une lecture d’une rare intensité qui renouvelle en profondeur l’histoire de la guerre.
Un livre novateur qui fera date.

 

2013PrixKreutzerPRIX POUR UNE ŒUVRE MUSICALE ET HISTORIQUE

Alexandre DRATWICKI (dir.), « La mort d’Abel », opéra français de Rodolphe Kreutzer, Éditions Palazzo Bru Zane (Centre de musique romantique française)

Est-ce un livre, est-ce un cd ? Les deux à la fois. Il s’agit d’un livre/cd du célèbre opéra de Rodolphe Kreutzer La mort d’Abel. L’opéra lui-même était basé sur un livret curieux, à mi-chemin entre l’opéra et l’oratorio, et il a été donné à l’Académie Impériale de Musique, le 23 mars 1810 et décrit de façon spectaculaire l’histoire biblique de l’assassinat, dans un accès de jalousie mortelle, par Caïn de son propre frère, Abel. Alors que la pièce est bien dans la tradition de la grande tragédie lyrique française telle qu’élaborée par Gluck, elle contient également de nombreuses touches personnelles, ce qui prouve que Kreutzer était beaucoup plus que le simple célèbre dédicataire de la Sonate à Kreutzer de Beethoven.
Le livre, magnifiquement produit par le Palazetto Bru Zane, comprend quatre articles (en français et en anglais) ainsi que le livret d’opéra (en français et en anglais). Deux cds, insérés dans les couvertures de ce livre, d’une représentation de l’opéra de Kreutzer par le groupe belge Les Agrémens et le Chœur de chambre de Namur dirigé par Guy Van Waas complètent cette lecture. Les solistes sont le ténor Sébastien Droy et les barytons Jean-Sébastien Bou et Alain Buet.
Les articles sont les suivants :
– Alexandre Dratwicki , « La Mort d’ Abel de Rodolphe Kreutzer »
– Étienne Jardin , « La Mort d’ Abel : la réception dans la presse de 1810 »
– François- Joseph Fétis , « Rodolphe Kreutzer par un contemporain »
Benoît Dratwicki , « L’oratorio et l’opéra sacré en France (1700-1830) : des genres expérimentaux ? »
– David Chaillou , « Le fantastique à l’Opéra de Paris sous Napoléon Ier »
– Alexandre Dratwicki , « La Mort d’ Abel au cœur d’une polémique »