La Correspondance de Napoléon

La Fondation Napoléon a initié, depuis 2002, la publication de la Correspondance de Napoléon Bonaparte. Né des volontés combinées du Baron Gourgaud, alors président de la Fondation Napoléon, de Thierry Lentz directeur de la Fondation Napoléon, et du Conseil d’Administration de la Fondation, le premier volume de la Correspondance générale de Napoléon Bonaparte a vu le jour dès 2004. Il s’achèvera en 2017, avec la publication du 15ème et dernier volume.

Le projet est piloté par un Comité pour l’édition de la Correspondance de Napoléon présidé par le président de la Fondation Napoléon, Victor André Masséna, prince d’Essling. Les vice-présidents en sont Mme Martine de Boisdeffre, conseiller d’État et présidente de la cour administrative d’appel de Versailles, directrice des Archives de France de 2001 à 2009, les professeurs et membres de l’Institut Jean-Claude Casanova et Jean Tulard.

Le conseil d’administration de la Fondation Napoléon est constitué en Commission d’orientation, tandis que la Commission historique supervise le travail scientifique et éditorial, présidée par le professeur Jean-Claude Casanova, membre de l’Institut.

La Fondation Napoléon est soutenue dans son entreprise par les Archives de France, la Fondation d’entreprise La Poste, le Service Historique de la Défense, et, pour l’édition proprement dite, par le Centre National du Livre.

Nécessité d’une nouvelle édition

Depuis la fin de l’Empire, de très nombreux recueils ont rassemblé des lettres de Napoléon. La Correspondance publiée sous le Second Empire, en raison de sa nature politique et hagiographique, n’avait que partiellement synthétisé un corpus déjà très morcelé. De plus, la sélection de lettres et les interventions sur les textes effectuées par la Commission historique ont rendu cette œuvre partiale, entraînant de très nombreuses critiques dès sa parution.

À partir des années 1880 et durant tout le XXe siècle, historiens et archivistes ont travaillé à compléter et corriger l’œuvre publiée sous le Second Empire.

L’édition de la Correspondance par la Fondation Napoléon et les éditions Fayard a ainsi pour objectif de revenir aux sources afin de publier des textes les plus fidèles possibles aux originaux (expédition) et de rendre aux textes déjà publiés leur intégrité. Elle constitue un nouvel outil de travail, indispensable aux études napoléoniennes.

Un projet « industriel »

La centralisation des milliers de lettres de Napoléon éparses en France et à l’étranger a rendu obligatoire la mise en place d’un système de travail rigoureux et méthodique.

Les centres d’archives nationaux et locaux d’une quarantaine de pays ont été contactés ainsi que des musées et des associations, soit près de 200 institutions qui ont participé à l’entreprise. Les collectionneurs privés ont également fait l’objet d’une large campagne de sensibilisation. Par ailleurs le Comité a dépouillé plus de 350 monographies et revues, ainsi que la collection des catalogues de vente des Archives nationales (AB XXXVIII).

L’ampleur du travail a nécessité l’appel au bénévolat. Près de 200 personnes ont aidé la Fondation depuis le début du projet. Le traitement des lettres est assuré par les « membre correspondants », dans une base de données développée par Télécom Étude.

Le travail de commentaire est confié à des historiens reconnus mais aussi aux boursiers de la Fondation Napoléon, à des étudiants et des passionnés, sous le contrôle des collaborateurs de la Fondation. Ils sont encadrés par les directeurs de volumes qui sont chargés de finaliser les annotations et de rédiger les index.

La coordination du travail est assurée à la Fondation Napoléon par François Houdecek.

Chaque volume de la Correspondance générale est conçu comme un outil de travail. Le corpus des lettres est complété par des études permettant d’éclairer des thématiques développées dans les lettres de Napoléon. Une série d’annexes (cartes, tableaux de conversion, chronologie), trois index (biographique, des institutions, des lieux de rédactions)… viennent parfaire l’ensemble de chaque volume.