Prix 2000

2000PrixPalluelGuillardPRIX PREMIER EMPIRE

André PALLUEL-GUILLARD, L’Aigle et la Croix. Genève et la Savoie. 1798-1815, Yens-sur-Morges (Suisse), Éditions Cabédita
Il fut un temps où Genève et la Savoie ont été réunies. Cela remonte au Premier Empire et, pendant longtemps, chacun de ces deux partenaires que la géographie unit mais que l’histoire a séparés, s’est bien gardé de se rappeler ce qui ne leur apparaissait qu’un « épisode ».
André Palluel-Guillard étudie dans l’Aigle et la Croix comment les deux voisins ont vécu leur rapprochement et leurs particularismes dans une époque difficile mais ô combien passionnante.
Napoléon 1er s’est constamment occupé de cette région essentielle pour ses relations avec l’Italie (dont il était roi) et avec la Suisse (dont il était médiateur de la Confédération helvétique). Après lui, toute l’Europe s’est penchée sur le devenir d’un ensemble fondamental pour l’équilibre européen.
Avec un égal intérêt pour les deux parties en présence, André Palluel-Guillard essaie aussi de traiter objectivement les avantages et les inconvénients du gouvernement français dans une région difficile et rétive mais cependant pleine d’intérêts stratégiques, économiques et mêmes touristiques. Au moment où, chacune de leur côté, Genève et la Savoie cherchent à se situer dans un ensemble européen, il est bon de prendre connaissance des expériences antérieures et même de leur échec, tant il est vrai qu’il est toujours utile de se nourrir des erreurs et des imperfections de nos prédécesseurs.
L’Aigle et la Croix est, certes, un chef d’œuvre d’étude régionale sur le Consulat et l’Empire mais, par la profondeur de l’analyse, la sûreté et la nouveauté de l’information, cet ouvrage est aussi important pour l’approche et l’intelligibilité concrète, nationale et internationale, de l’œuvre napoléonienne.
Né en 1940, à Chambéry, André Palluel-Guillard est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Savoie. Il est un des meilleurs spécialistes de l’histoire du Consulat et de l’Empire, sujet auquel il a consacré de très nombreux ouvrages et études, tels Le Dictionnaire de l’Empereur, présentation analytique et thématique de la correspondance et des écrits de Napoléon Ier (Plon, 1970), L’épisode napoléonien, Aspects extérieurs (Nouvelle Histoire de France contemporaine, Seuil, 1973, avec Jacques Lovie), Grands Notables du Premier Empire : Notables du Mont-Blanc et du Léman (Dictionnaire général des notables, C.N.R.S., 1978), Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire (en collaboration avec J. Tulard et A. Fierro, R. Laffont, 1995).
2000PrixAnceauPRIX SECOND EMPIRE

Éric ANCEAU, Dictionnaire des députés du Second Empire, Rennes, Presses Universitaires de Rennes
L’auteur y présente les 613 députés qui ont siégé au Corps législatif de la République décennale (1851-1852) et du Second Empire (1852-1870). De Morny à Jules Ferry, de Gambetta à Thiers, ces parlementaires ont eu des destinés très diverses. Ce dictionnaire qui participe du renouvellement du genre biographique ne propose pas uniquement les carrières politiques ou professionnelles, mais évoque aussi les milieux familiaux, les affinités intellectuelles, la sociabilité ou encore les revenus. Au fil des pages où les héros des campagnes du Premier Empire côtoient les grands patrons novices en politique, les propriétaires terriens, des ténors du barreau ou encore des écrivains illustres, le lecteur comprendra le fonctionnement et l’organisation des élites socio-politiques de tout le XIXe siècle en France.

Éric ANCEAU, Les députés du Second Empire. Prosopographie d’une élite du XIXe siècle, Paris, Éditions Champion
Version intégrale d’une thèse de doctorat d’Histoire soutenue en 1997 à la Sorbonne, cet ouvrage entend réévaluer le rôle du Corps législatif du Second Empire et de ses députés. Chargée de voter les lois et l’impôt de 1852 à 1870, cette assemblée a été trop longtemps considérée comme une simple chambre d’enregistrement et ses membres comme des personnages insignifiants, dociles ou corrompus. La technique prosopographique, une étude approfondie des débats et le point de vue résolument comparatif de l’auteur permettent de réviser ce jugement hâtif. A la Chambre de l’Empire autoritaire dont les prérogatives sont limitées, succède dans les années 1860 une assemblée parlementaire au sens plein du terme. Le Palais-Bourbon connaît alors quelques-unes de ses heures les plus mémorables et l’ouvre accomplie par des hommes qui n’ont rien à envier à leurs devanciers et à leurs successeurs apparaît considérable. D’abondantes annexes font de ce livre un ouvrage de référence et un outil de travail indispensable sur le Second Empire.
Né en 1966, Éric Anceau, agrégé et docteur en Histoire, est maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV) où il enseigne l’histoire contemporaine. Spécialiste de l’histoire politique et sociale du XIXème siècle, il est l’auteur de deux autres ouvrages : Comprendre le Second Empire (Saint-Sulpice éd., 1999) et La Révolution française (Saint-Sulpice éd., 2000). En outre, il a collaboré à plusieurs ouvrages collectifs dont Les immortels du Sénat (1875-1918), Les cent seize inamovibles de la Troisième République (Publications de la Sorbonne, 1995), le Dictionnaire du Second Empire (Fayard, 1995) ou encore la réédition du Dictionnaire Napoléon (Fayard, 1999). Il prépare actuellement une étude sur la Deuxième République et le Second Empire pour le Livre de Poche, et une autre sur les patrons parisiens des usines à rêves sous le Second Empire (Picard, Le Cénomane).